In the Mood for business - Atelier d'Art

Mis à jour : sept. 21

C'ÉTAIT UNE PREMIÈRE DANS LA ZONE ASIE: UN SALON DÉDIÉ À LA CRÉATION HAUT DE GAMME DANS L'UNIVERS DE LA MAISON! DU 10 AU 13 MARS DERNIER, DANS L'EMBLÉMATIOUE MARINASANDS BAY CONVENTION CENTER DE SINGAPOUR, LA PREMIÈRE ÉDITION DE M&O ASIA A FAIT LE PLEIN DE VISITEURS. ET LE BONHEUR D'EXPOSANTS VENUS CONFORTER LEUR PRÉSENCE COMMERCIALE DANS LE MONDE ASIATIQUE.

Sur le toit de l'hôtel, une piscine à débordements. Par les baies vitrées, une vue sublime sur Singapour. À quelques kilomètres, l'appel de la plage. Mais rien décidément qui puisse détourner les exposants de M&O Asia de la mission à mener pendant quatre jours intenses: découvrir en profondeur un marché asiatique auquel la plupart était déjà sensibilisée. À peine perturbés par le jet lag du retour, les exposants français confirment sans détour la réussite du salon. S'il s'agissait pour certains de trouver un distributeur sur place ou un agent local pour représenter leur marque, d'autres ont amorcé des partenariats ou finalisé des chantiers en cours. Mais tous se sont reconnu un même impératif: créer de la visibilité et nouer un maximum de contacts avec les architectes d'intérieur, designers, créateurs, chaînes hôtelières et détaillants présents sur la plateforme.

Dès la clôture de la première édition, Franck Chartrain, président de la Forge de Style, a fait ses comptes. « Sur les 280 contacts que nous avons récupérés, 70 méritent que l'on maintienne le lien. Je suis certain que 10 à 15 % de ces 70 partenaires potentiels travailleront avec nous. »

 L'offre réunie à Singapour était totalement représentative de celle de M&O Paris, certes à plus petite échelle, explique Franck Millot, directeur commercial de la SAFI. Objets pour boutiques et concept stores, savoir-faire de luxe portés par les grandes maisons, design et créations contemporaines: M&O fonctionne comme une marque qui s'exporte avec toujours les mêmes codes d'exigence et de qualité des produits. » L'évènement n'en était pas moins totalement inédit dans cette zone géographique qui connaît essentiellement des salons de meubles. L'extrême diversité de l'offre a donc attiré 10 364 visiteurs venus de zones géographiques couvrant une bonne partie du globe.

Mais pour Franck Millot, «les marchés asiatiques sont très divers, avec des codes différents d'un pays à l'autre. Les attentes ne sont donc pas les mêmes pour un décorateur australien et un grand magasin japonais ».


Un point qu'a noté Geneviève Bonieux, créatrice de meubles-sculptures exubérants et sensuels, réalisés en verre coloré ou en faïence émaillée. Déjà distribuée en Afrique du Sud, elle fréquente Singapour pour des raisons familiales mais espère depuis longtemps se développer sur l'Asie. «Seulement de quelle Asie parle-t-on ? Sur M&O Asia, j'ai croisé des visiteurs très intéressants venus de Singapour et de Hong Kong, de Chine et d'Indonésie, d'Australie et des Philippines. Beaucoup d'Indiens à la recherche d'objets rares et de Japonais totalement sous le charme de matières nouvelles comme la fibre de verre ou la résine métallisée. »

Face à cette clientèle contrastée et exigeante, Franck Chartrain, qui travaille pour les quinze plus grandes fortunes du monde, offre le profil de l'exposant idéal. Rassurant parce que déjà engagé dans un chantier en Asie, mais aussi prévoyant, équipé, prêt à faire le show. Sur son stand, deux pièces fortes mises en avant, une porte en bronze rétro éclairée et ornée d'incrustations d'agate, et un totem en bois servant de présentoir à des échantillons en fer, bronze ou aluminium, aux textures différentes. Pour susciter la curiosité des visiteurs, il a effectué des démonstrations de repoussage sur métal dans son petit atelier mobile: un étau, un établi, et un geste précis, sonore et puissant. « Le morceau de rampe en fer forgé que j'avais apporté permettait aux visiteurs de comprendre l'aboutissement de mon travail de repoussage. Les clients asiatiques plébiscitent la French touch à 100%. Mais de la France, ils ont une vision très XVIIIe siècle. Alors je les rassure en leur montrant que je maîtrise les techniques traditionnelles, puis je les amène à comprendre que celles-ci servent aussi le contemporain. On peut forger le matériau, mais on peut aussi le texturer de mille façons avec des techniques plus modernes. »

Franck Millot confirme cette attention portée par les visiteurs asiatiques aux métiers d'art, à la création céramique pointue, à l'objet unique et aux matériaux innovants. «Plus on est dans la mise en œuvre de savoir faire rares, ou sur des créations typées, plus on a une chance de toucher le visiteur. Ajoutez à cela la prime sympathie accordée au made in France! C'est une vraie valeur ajoutée. 

«Il faut adopter une stratégie claire; n'apporter que le meilleur, de la création, des formes et des dessins que les clients asiatiques ne trouvent pas chez eux. Il faut aussi que tous les exposants jouent le jeu. Sinon comment pourrions-nous justifier nos prix auprès de cette clientèle?», s'interroge Sylvie Coquet, créatrice-céramiste, fondatrice de Feeling's Sylvie Coquet, spécialisée dans la «haute couture » de l'art de la table, et qui n'a pas hésité à sortir du cadre strict du salon pour humer l'air du temps dans la rue, le zoo de la ville ou les musées.

Véritable creuset de nouveaux clients pour les exposants, M&O Asia devrait drainer vers les éditions parisiennes du salon un nouveau visitorat asiatique, tout aussi convaincu par les espaces réservés aux jeunes créateurs et designers asiatiques et les cycles de conférences auxquelles ils ont assisté [avec Paola Navone ou Kenneth Cobonpue, créateur M&O Asia 2014, en guest stars]. Intégré cette année dans la Singapour Design Week, M&O Asia sera reconduit l'année prochaine. La SAFI a déjà réservé un étage supplémentaire pour doubler la superficie de sa plate-forme.

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Genevieve Bonieux •  Artiste plasticienne © Tous droits réservés • 2020

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