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Geneviève Bonieux à Saint Germain des Prés - Le Mauricien

Du 3 au 6 octobre, la plasticienne mauricienne Geneviève Bonieux, installée en France, a exposé ses dernières créations au cœur de Paris, à l'Hôtel de l'industrie, 4, place St-Germain-des-Prés. Le vernissage qui a eu lieu jeudi dernier, a été l'occasion d'une rencontre entre plasticiens, designers et artistes d'Europe, du Brésil et du Japon.

Pour présenter ses récents travaux, des paravents et des vasques, la plasticienne Geneviève Bonleux a choisi un site prestigieux et hautement symbolique. Situé face à l'abbatiale de Saint-Germain-des-Prés, et mitoyen de la brasserie Les Deux Magots, l'Hôtel de l'industrie est depuis son érection en 1801 la vitrine des objets inventés à partir des avancées scientifiques et des savoir-faire les plus prometteurs de l'artisanat et de l'industrie.

Les créations auxquelles notre plasticienne se consacre depuis quelques années étaient donc tout à fait à leur place dans un des salons de ce bel immeuble germanopratin tout entier voué à promouvoir les innovations technologiques. Les matériaux composites - de la fibre de verre imprégnée de résine - employés et travaillés par l'artiste dans son atelier de Villejuif sont en effet à la pointe de la technologie. Dans son texte de présentation, Geneviève Bonieux,rappelle qu'on les utilise actuellement dans la fabrication des skis, des planches de surf, des carlingues d'avion, des bateaux et même de certains instruments de musique. À ces matériaux qui assurent à l'objet de la solidité et de la translucidité, la plasticienne ajoute avec bonheur – par un procédé dont elle a acquis la parfaite maîtrise – des pigments précieux, du bronze en poudre et de la feuille d'or. Les résultats sont proprement éblouissants.

La douce luminosité des quinze paravents, créés entre 2010 et 2013 et présentés dans une scénographie et des éclairages de Damien Valade, a plongé les visiteurs dans une atmosphère de délicate intimité. De par leurs formes curvilignes et leurs arabesques les paravents de Geneviève Bonieux deviennent des objets de désir propices aussi bien à nourrir la discrétion que l'indiscrétion dans la vie quotidienne. L'élément végétal domine l'inspiration de cette artiste-plasticienne. Végétation aquatique, ici, où se dressent de grandes algues vertes propices à dissimuler les nudités ou à les susciter. Végétation florale, là, aux massifs plantés par un esprit faussement manichéen.


Paravent fleurs du mal (allusion à peine voilée à Baudelaire) et Paravent fleurs du bien (thème clairement naturopathe). Ainsi, étions-nous promenés dans cet éden recréé pour la célébration de l'innocence originelle des corps et de la nature, d'un paravent à l'autre pour atteindre le biblique Paravent de l'arbre de la connaissance. Comme on la voit, Geneviève Bonieux reste fidèle aux thèmes mythologiques de ses manifestations antérieures.



Pourtant le chef d'œuvre de cette exposition est une peinture narrative sur un paravent de 480x200 cm constitué de 12 panneaux modulables relatant une matinée dominicale passée au parc de Sceaux, où sont en mouvement de nombreux sujets humains et animaux et où l'artiste s'est représentée assise sur un banc.


La scénographie de Valade nous faisait découvrir intercalés entre les paravents une série de coupes de 30 cm de diamètre de couleurs bronze, noir ou coraline, d'inspiration art-déco et rococo, d'une grande beauté. Toutes ces créations sont visibles surle site de l'artiste actuellement en ligne.


Bernard LEHEMBRE

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genevieve Bonieux •  Artisite plasticienne © Tous droits réservés • 2020

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